L

e développement de l’agriculture est au cœur du Plan Sénégal Emergent (PSE) à travers le volet Programme de Relance et d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture au Sénégal (PRACAS). Ce volet stipule l’autosuffisance en riz par la riziculture irriguée et pluviale, la production arachidière dans le cadre d’une approche chaîne de valeur et le développement du maraîchage et de l’horticulture, un segment dédié principalement à l’export.

Le potentiel agricole de ce pays sahélien, membre de l’Union Economique Monétaire Ouest Africain (UEMOA) et de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est varié. Les terres exploitables sont vastes notamment dans la vallée du fleuve Sénégal et en Casamance, zones privilégiées de la culture du riz, mais aussi dans la région du Baol, l’historique bassin arachidier. Des chaines de valeurs se mettent en place et d’importantes industries de transformation sont déjà opérationnelles. Le pays dispose des capacités nécessaires pour passer du statut net d’importateur de produits alimentaires à celui d’exportateur.

 

Le PSE s’accompagne d’un certain nombre de réformes dont la facilitation de l’accès au foncier et la mise en place d’un cadre juridique adapté aux entreprises exportatrices. Alors que la vocation de la culture céréalière est d’abord de satisfaire les besoins nationaux et que la filière arachidière est adossée aux huileries locales, il y a un troisième secteur au potentiel export élevé : l’horticulture.

 

Le PSE prévoit la mise en place de 100 à 150 fermes agricoles intégrées, notamment dans le domaine de l’horticulture, des cultures céréalières et de l’aviculture.A terme, l’objectif est de réorganiser la production autour des agropoles afin de développer la transformation et l’agroalimentaire. A côté de la production agricole industrielle, les niches de l’agriculture biologique recèlent un potentiel certain de développement à l’export à condition d’organiser les producteurs dans la labellisation et de les accompagner dans les circuits de commercialisation.

 

Il faut noter la forte progression des exportations de produits horticoles qui sont passées de 9300 tonnes en 2000 à 67 000 en 2013 soit une augmentation de 700 %. Cette progression s’est accompagnée aussi d’une diversification des exportations qui sont sorties du mono produit (haricot vert) pour embrasser une gamme élargie (haricot vert, tomate, melon, maïs doux, radis, pastèque…).

 

L’impact socio-économique sur le monde rural est important. Le secteur emploie 15 000 permanents et réalise un chiffre d’affaires à l’export de 100 millions d’euros. Ces cultures horticoles qui sont possibles seulement durant la saison dite froide,entre novembre et mars, attirent beaucoup d’investisseurs internationaux. L’augmentation sensible des exportations positionne l’« Origine Sénégal » sur les marchés de l’Union Européenne. Située à l’intersection des routes maritimes, à proximité de l’Europe (5 heures par avion) et des infrastructures portuaires et aéroportuaires modernes, le Sénégal dispose d’une importante marge de développement de la filière fruits et légumes.

 

En cela, la situation du CIPA de St Louis lui ouvre des opportunités d’insertion de jeunes formés et qualifiés dans les activités agricoles de la zone. La réorganisation et le changement de statut des CIPA permettront en partenariat avec l’Etat et les PTF de mettre dans le marché du travail pour les cinq prochaines années des techniciens bien formés et compétents.